limites et idéal

Publié le par polyamoureuse

Les limites bien sûr sont là, présentes, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi et de tomber de bras en bras, de butiner de manière insouciante... je cherche à avancer, pas à tourner en rond... on ne parle pas de corps mais de sentiments qui se superposent...

La période est propice aux rencontres de qualité, soit, mais je veux davantage m'interroger sur cet état de fait qu'en profiter tous azimuts.

La première limite est celle de l'acceptation sereine qu'ont mes amis/amants les uns des autres. Et aussi celle que j'ai de leurs propres autres relations.

Il est évident que si un jour, l'un d'eux souffrait de cette non-exclusivité, d'un sentiment de concurrence, de me savoir attirée par un ou plusieurs autres hommes, ou de m'imaginer avec eux, je devrais choisir soit de cesser ma relation avec lui soit de la privilégier à toute autre, et ce serait là un cap totalement nouveau à aborder.  

Je ne veux rien leur imposer -ni mal-être ni souffrance ni jalousie- pas plus que je ne veux mentir ou trahir.

Et cela m'amène malheureusement à constater que ce que je vis avec mon mari est aux antipodes de cette démarche.

Bien sûr ma volonté première est de ne pas le faire souffrir en le projetant du jour au lendemain dans une situation inacceptable, en le confrontant à une trahison, idée à laquelle j'ai souvent frémi d'horreur et de dégoût durant ces quinze dernières années.

Mais je sais aussi que je ne le respecte pas en ne lui donnant pas le choix de décider par lui-même d'accepter ou non ma vision des choses. Je sais que dans le cas inverse, je voudrais qu'il m'informe, me parle, me traite en partenaire responsable et adulte, et ne me cache rien...

Je crains principalement si je passe aux aveux de voir exploser ma cellule familiale, parce que je le connais, que je sais parfaitement quelle serait sa réaction... et pourtant, je rêve de resouder mon couple dans cette démarche et cette vision de polydésir, de possibilité pour lui comme pour moi de vivre ailleurs, pour un petit tour ou pour plus longtemps, du bon et même du très bon, en sachant que "nous deux" primera toujours sur le reste et que nous en sortirons enrichis...

Evidemment, si j'avais cette possibilité de lui en parler, de me faire entendre de lui, sans jugement ni rejet, cela voudrait tout simplement dire que j'ai avec lui un minimum de cette complicité que je trouve ailleurs... or j'en suis loin...
 
J'aimerais avoir ce courage de lui remettre les clés de son propre destin et de lui proposer de constater que, loin de nous fragiliser, cela nous renforcerait et nous unirait autour de la certitude de la pérennité de notre lien.

Mais on ne peut pas demander à quelqu'un, aussi proche soit-il, d'entrer instantanément dans un univers dans lequel on commence soi-même à peine à trouver ses marques, d'autant qu'il n'a pas de raison de le faire...; je me dis parfois que ce serait tellement plus simple qu'il ait quelqu'un qui fasse battre son coeur, qu'il soit travaillé par une tentation et s'en ouvre à moi... en tout cas je lui fais passer le message que cela se présente à lui, je serais prête à en parler calmement sans aller au clash...

Ce serait une brèche, une faille qui me permettrait de lui montrer ainsi qu'on n'est pas obligés de détruire ce qui existe entre nous pour vivre une autre histoire en parallèle. Peut-être faut-il du temps, et un long travail de fond, par d'infimes allusions, par petites touches, jusqu'à le faire venir à mes vues, sans le brusquer... 

Ce serait, oui, mon idéal...

Publié dans tête chercheuse

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