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  • : Volutes amoureuses
  • : le carnet de route d'une amoureuse multiple, qui s'interroge sur l'amour et la présence simultanée de plusieurs délicieux partenaires dans sa vie, qu'elle a eu la chance de pouvoir choisir de tous aimer, différemment...
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tête chercheuse

Publié dans : tête chercheuse
il n'est ni anodin ni hasardeux de constater que quasiment toutes mes rencontres, virtuelles ou réelles, sur une même et courte période, et ce après plus d'une quinzaine d'années sans même jeter un regard sur un autre que mon mari, soient des relations riches, denses, intéressantes, sentimentales, des histoires d'amour potentielles. 

comment expliquer un tel afflux de coïncidences, ou plutôt de synchronicités, est-ce moi qui les attire involontairement, ou alors qui les provoque activement, en me fondant dans l'attente de l'autre...? 

je ne me sens pas en position de prédateur, qui ne verrait en tout représentant du sexe opposé qu'un partenaire sexuel potentiel ; cette optique n'est pas la mienne, et je cours plus après le désir et les débuts qu'après le seul aspect sexuel d'une relation, qui peut tout aussi bien ne pas intervenir, sans pour autant la ruiner ou l'apauvrir à mes yeux.

je me suis donc posé la question de la cause de cet apparent empilement de relations, toutes aussi intéressantes les unes que les autres, dont ma vie était actuellement remplie... était-ce une course à l'intensité ? une insatisfaction ? un besoin de complémentarité ?  
 
je me suis fiée à mon intuition, j'ai simplement laché prise, et me suis laissée porter par le courant, jusqu'à me sentir réellement reliée à un concept...
 
en trois minutes, j'avais identifié le mal dont je souffre ! et en trois recherches, voilà qu'apparaît devant moi le terme bizarre de "polyamour" * ... 

fort heureusement mieux défini que nommé :"Le terme polyamour s'ancre dans le projet de vivre des relations sentimentales avec plusieurs partenaires, engageant ou non la sexualité, en toute franchise et dans le respect de chacun".
 
puis d'autres définitions et affirmations parfois un peu doctrinales, et ces deux-là qui ont surgi devant mes yeux d'une manière spectaculaire :
 
"Pour l'individu concerné (par le polyamour), la prise de conscience de sa disposition polyamoureuse, quand elle survient, est comparable à la découverte de son orientation sexuelle (surtout quand celle-ci est minoritaire)"

"
On ne choisit pas d'être polyamoureux pour des raisons de commodité, on se rend à l'évidence ou on y résiste!"

je suis restée scotchée par l'évidence de ces deux formules et leur résonnance en moi.
 
bon, je continue à lire, et je trouve :
 
"Ce qui anime la démarche des polyamoureux, c'est moins l'insatisfaction que l'attrait de la diversité et la richesse infinie de l'amour"

"En réalité, les polyamoureux sont des explorateurs de l'amour."
 
pas faux non plus, de mon point de vue là encore...
 
et en point d'orgue vient "Les polyamoureux, quant à eux, essaient de pense en termes d'inclusion. Un partenaire ne chasse pas l'autre, il vient s'ajouter à l'autre ! Alors que l'amoureux adopte une logique soustractive, le polyamoureux s'en tient à une logique additive."
 
alors, quoi, je me contenterais d'être ainsi cataloguée, et ça y est, ma recherche est finie ?
 
ça m'étonnerait de moi tout de même... mais je me suis immédiatement sentie moins isolée de savoir que cela existe, même minoritairement, et que je ne me suis pas cassé la tête à fabriquer toute seule une idéologie personnelle pour justifier de débordement névrotiques ou compulsifs, bref que mon cas n'est pas si désespéré !
 
non, je souris en écrivant cela, mais à partir du moment en fait où l'autre souffre, même un peu, de cet état de fait, je me dois d'être parfaitement honnête avec lui et avec moi, et de déterminer si ma démarche ou ma quête est réelle ou n'est qu'un alibi à une sorte de boulimie sentimentalo-sensuelle.
 
je me suis sentie bien plus sereine, là, et bien plus enthousiaste quant à la suite des événements, de pouvoir inscrire mon cheminement, même partiellement, dans un courant existant, identifié, même si je ne suis pas fan de doctrines et bien trop libre pour me fondre dans un autre moule, dans le fond tout aussi normatif que le reste. 

au fur et à mesure, de mes réflexions, de mes discussions, d'autres pistes se dessinent, rien n'est figé ni définitif, et j'avance vers ma propre voie, même si au final je dessine une grande boucle et décide, par choix conscient et non par grégarité, de revenir à mon point de départ ...

voilà comment est né mon désir de créer ces pages, d'exprimer la forme que revêt ma recherche, de mettre en mots ce qui se bouscule encore dans ma tête, de faire la part de l'accessible et du rêvé...



* source : http://elenaintime.over-blog.org/article-4856246.html - réf. biblio : "Vertus du polyamour, la magie des amours multiples", de Yves-Alexandre Thalmann.
 
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Publié dans : tête chercheuse
A l'occasion d'un petit quizz littéraire auquel je me suis adonné avec une de mes relations épistolaires récentes (sans avenir semblerait-il, mais c'est une autre histoire...), j'ai demandé comme "prix" l'ouvrage dont était extraite la citation proposée : «Soit qu’il veuille prouver son amour, soit qu’il s’efforce de déchiffrer si l’autre l’aime, le sujet amoureux n’a à sa disposition aucun système de signes sûrs», dont j'ai découvert l'auteur grâce à l'expression "le sujet amoureux".

Il s'agit des "Fragments d'un discours amoureux", de Roland Barthes, incontournable et génial tortuteur de mots, dont la précision de la pensée le dispute au cisèlement surréaliste de l'expression.

Ce livre est un perpétuel enchantement, générateur de ravissement à chaque reprise en mains.

Et je me délecte en ce moment de ce petit bijou, où évidemment je m'identifie, à travers mon questionnement sur mon ressenti, ma constante interprétation, ma "souffrance" à sens unique (je ne peux qu'être prudente avec l'utilisation de ce mot, au vu de ce qu'il en dit...) à cet état amoureux...

Evidemment, c'est M., l'Autre, l'objet de mon désir et de mon bonheur, mais aussi de ma souffrance et de mon impatience...

Mais les limites de mon identification sont que M. n'est pas l'unique objet de mon désir dans mon champ sensuel et sentimental,...

D'autres "Autres" existent, et même coexistent, et c'est troublant car le syndrôme amoureux est censé porter sur un seul être, et pourtant les symptômes que je ressens sont calqués sur certains états décrits dans ce livre...

En même temps, c'est soulageant, car je n'aime pas être réduite à un archétype, même celui de l'amoureuse... la multiplicité et la complexité seraient-elles inscrites en moi sur tous les plans ?

Suivront quelques citations, qui s'étofferont au fil de la progression de ma lecture, dans lesquelles je me suis tout à fait reconnue, qui m'ont parfois amusée par leur cocasserie, et souvent déconcertée par leur soudaine banalité, à les voir ainsi exposées, décortiquées, alors que je croyais presque les avoir inventées... un joli rappel de notre simple humanité !

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Quelquefois, il m'arrive de bien supporter l'absence. Je suis alors "normal": je m'aligne sur la façon dont "tout le monde" supporte le départ d'une "personne chère"; j'obéis avec compétence au dressage par lequel on m'a donné très tôt l'habitude d'être séparé de ma mère -ce qui ne laissa pas pourtant, à l'origine, d'être douloureux (pour ne pas dire: affolant). J'agis en sujet bien sevré; je sais me nourrir, en attendant, d'autres choses que du sein maternel. 
Cette absence bien supportée, elle n'est rien d'autre que l'oubli. Je suis, par intermittence, infidèle. C'est la condition de ma survie; car si je n'oubliais pas, je mourrais. L'amoureux qui n'oublie pas quelquefois, meurt par excès, fatigue et tension de mémoire (tel Werther)"


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"L'écorché"

ECORCHE. Sensibilité spéciale du sujet amoureux, qui le fait vulnérable, offert à vif aux blessures les plus légères.

1. Je suis "une boule de substance irritable ". Je n'ai pas de peau (sauf pour les caresses).(...) La résistance du bois n'est pas la même selon l'endroit où l'on enfonce le clou : le bois n'est pas isotrope. Moi non plus; j'ai mes "points exquis". La carte de ses points, moi seul la connais, et c'est d'après elle que je me guide, évitant, recherchant ceci ou cela, selon des conduites extérieurement énigmatiques; j'aimerais que l'on distribuât préventivement cette carte d'acupuncture morale à mes nouvelles connaissances (qui, au reste, pourraient l'utiliser aussi pour me faire souffrir d'avantage).

2. Pour trouver le fil du bois (si l'on n'est pas ébéniste), il suffit d'y planter un clou et de voir si cela s'enfonce bien. Pour repérer mes points exquis, il existe un instrument qui ressemble à un clou : "c'est la plaisanterie : je la supporte mal. L'imaginaire est en effet une matière sérieuse (rien à voir avec l' "esprit de sérieux" : l'amoureux n'est pas homme de la bonne conscience) : l'enfant qui est dans la lune (le lunaire) n'est pas joueur; je suis, de même, fermé au jeu : non seulement le jeu risque sans cesse d'effleurer l'un de mes points exquis, mais encore tout ce dont s'amuse le monde me paraît sinistre ; on ne peut me taquiner sans risques : vexable, susceptible ? - Plutôt tendre, effondrable, comme la fibre de certains bois.

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"Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture."

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