Celui à qui j'autorise tout, à qui je donne un total et permanent libre-accès à tout de moi.
Celui qui veut que je l'utilise pour mon propre plaisir, et qui le place au-dessus de tout : du sien, de son amour-propre, des conventions...
Mais aussi celui avec qui les rôles sont infiniment, totalement et instantanément réversibles...
Celui qui sait en un clin d'oeil devenir mon Maître, celui qui attache mes poignets, bande mes yeux, qui me soumet dans la position de son choix à l'accès de son choix, qui utilise ses mots, précis, détaillés, pour me transporter immédiatement dans les scénarios qu'il m'invente, où je le suis, image après image...
Celui avec qui tout est possible, tout est permis, tout est faisable, avec comme unique principe celui de rester dans le plaisir...
Celui qui me donne tout de lui, ce que personne n'a jamais eu, qui admet, accepte et approuve les envies de possession qu'il est le seul à faire naître, me permet de le tenir au bout de mon doigt, au bout de mon désir et lui signifier combien il m'appartient...
Celui qui improvise sur mon corps comme un pianiste sur son instrument, qui chaque fois a le génie et la certitude du geste qu'il faut faire, que j'attends, même à mon insu, qui fait naître en moi le désir de son désir, par sa manière exceptionnelle de le manifester...
Celui qui me regarde comme une déesse, qui m'appelle sa Maîtresse Vénérée, qui est à mes pieds, qui vibre dès qu'il me voit, qui me ravit... quand il est là... sourire...
Celui qui me fait sentir vivante, vibrante...
Celui que j'aime, que j'adore, que j'admire, dont je rêve ; celui qui a sa vie comme moi la mienne, mais qui me croise dès qu'il le peut, dès que je veux, qui me retrouve dans des palais de fortune où il me sert royalement, et m'exprime sublimement son désir pour moi.
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Je l'ai rencontré il y a presque un an, pour... un massage, censé être sage et me faire retrouver les contours de mon corps...
Une première rencontre physique, autour d'un café à la noisette, dans un joli et discret lieu de notre ville, précédée et suivie d'échanges écrits, de descriptions de ce massage qu'il voulait m'offrir, avec toutes les assurances qu'il resterait un simple massage, prudent, pudique, bien qu'on s'autorise d'ores et déjà la perspective d'un ou deux baisers déposés sur mon dos...
Le plaisir de mettre un visage et une voix, sur ses mots... son sourire adorable, sa bouche bien dessinée, son regard malicieux, la finesse de ses traits, et une inattendue réserve, presque de la timidité, tout me charme chez lui... et encore ce n'est rien par rapport aux fois suivantes, où je deviens accro sans nuance de tout de lui !
Un premier massage dans lequel nous avons été précipités au coeur d'une tornade sensuelle, bien au-delà de tout ce que nous avions imaginé, et... bien en-deçà de tout ce qui a suivi ;
j'ai vibré au premier de ses baisers, déposé comme prévu sur mon dos,
j'ai frémi au contact de ses mains si chaudes lorsqu'à force de circonvolutions, elles ont frôlé mon sexe,
j'ai appelé par ma cambrure d'autres explorations plus intimes, auxquelles il a tenté de résister...
je sens encore tout son corps (bien qu'habillé) collé contre le mien pour le réchauffer, moi toujours si frileuse, et lui si bouillant...
j'ai encore la sensation de ses mains exploratrices et avides, ce premier jour où il m'a submergée de caresses, de douceur, de plaisir ;
je sens encore ses doigts entrer en moi, librement, sans entrave, partout à la fois, impatients et curieux...
je l'entends encore chuchoter "qu'est ce que c'est que ce diable...?" devant notre folle échapée loin des frontières que nous nous étions fixées si fermement...
et lui m'entend encore lui demander "mais... qu'est-ce que tu me fais ?", au bord du vertige dans lequel il allait me faire plonger...
Cette première fois, nous avons posé nos règles du jeu... il pourra me caresser, m'embrasser, je n'aurai jamais le droit de le toucher, il ne se déshabillera jamais, nous ne serons jamais amants sous peine de cesser immédiatement toute relation...
En 3 rencontres on avait tout enfreint, fait sauter tous les verrous, tout chamboulé, et ouvert les vannes de nos envies, inventé des fantasmes de soumission, de domination, de possession, d'exploration, toutes sortes de jeux aussi sensuels que torrides, aussi fous qu'uniques...
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J'adore tout de nos "avants", de cette pression que nous faisons monter, degré par degré, à distance, nous nous mettons dans des états d'excitation invraisemblables et exquis...
J'aime par contre vraiment beaucoup moins nos "après", sa mise en retrait dès que nous nous séparons, et les silences assourdissants qui s'ensuivent...
Et vite, trop vite, je me suis trouvée confrontée à la souffrance de ses absences, qui me glaçent et me figent quand lui n'y voit qu'une pause et une nécessaire et indispensable prudence vis-à-vis de sa vie familiale. Il me dit et me répète qu'il souhaite plus que tout que notre relation dure aussi longtemps que possible, et qu'on doit jouer serré, rester prudents...
Bien sûr je suis d'accord, mais j'ai besoin de le sentir, de l'entendre, de le lire, ardent, bouillant, frémissant, tendu vers moi, au quotidien, pour savoir, pour être sûre, qu'il est avec moi, alors qu'il lui suffit de penser à moi pour savoir que je pense à lui...
En l'absence de toute manifestation de sa part, tout s'éteint instantanément en moi, les images pourtant si fortes de nos instants partagés, qui m'assaillent sans prévenir à tout moment, se mettent alors à disparaître, je n'ai plus de souvenirs de nous, de lui, j'efface et gomme involontairement, automatiquement, tout de son existence concrète dans ma vie plutôt que de ressasser en vain et cultiver les moments sublimes que l'on a partagés.
Comment faisait donc Pénélope...?!
Je ne vois que la séparation, comme solution à mon inconfort, ce qui lui semble inconcevable, ou alors aller voir ailleurs, chercher un complément d'intensité, une relation constante et stable qui m'apporte la réassurance émotionnelle et sentimentale dont j'ai besoin... ce qu'il n'envisage pas davantage.
Je ne veux pas le forcer, le changer, ce serait factice, illusoire et dangereux. Je voudrais que de lui-même il mette mon confort et mon bonheur au même rang que ses autres priorités, même si je sais que sa vie "normale" tient le rôle principal et qu'il ne veut pas se mettre en danger. Je ne veux pas plus le sortir de sa vie pour l'engloutir dans la mienne, mais juste le sentir davantage "là", tendu vers moi comme je le suis vers lui, touvant le moyen de venir vers moi, même enfermé chez lui avec femme et enfants... j'y arrive bien moi, après tout !
Et puis je ne veux pas lui mentir. Etre infidèle à mon mari est déjà suffisamment pesant pour ajouter une nouvelle trahison.
Au seuil de l'été, je le quitte pour la 2e ou 3e fois, mais en étant certaine que je ne replongerai pas, c'est un déchirement indicible de savoir que je ne serai plus jamais dans ses bras, qu'il ne me touchera plus magiquement, mais je préfère cette souffrance nette et sans bavure à d'incessants chauds et froids.
Heureusement, l'été a pris fin, et en deux jours à se tourner autour, tout est revenu, l'envie, la langueur, la passion, la folie, le désir intense, quasi-obsessionnel l'un de l'autre, de nous redécouvrir, de nous retrouver, de nous déguster encore et encore, de nous éblouir mutuellement, de nous émerveiller de ce don permanent de nous-mêmes à l'autre, de nous offrir le plus intime de notre être, de nos corps, impudiquement, tendrement, voracement, infiniment, fusionnellement...
J'ai réussi à lui faire entendre que j'ai besoin de vivre et d'exprimer pleinement ma relation avec lui, sexe et mes sentiments mêlés, que je ne veux pas le phagocyter, l'absorber dans ma vie, mais juste construire une bulle pour lui et moi, en dehors de nos vies normales, un tout petit peu au-dessus, sans devoir pour autant les détruire.
J'ai enfin pu lui dire que je l'aimais, sans sous-entendus ni pression, et lui me répondre la même chose, sans stress... parce que jusque là, il m'adorait simplement... sourire...
En presque un an, non seulement j'ai aimé tout ce que j'ai appris sur lui, mais je n'ai jamais trouvé de ridicule en lui, son image ne s'est jamais altérée, par une attitude mesquine, une disgrâce soudaine ou un mot malvenu, un de ces petits riens qui ouvrent les yeux des amoureux même les plus transis et font basculer leur adoré dans la banalité la plus affligeante ; il ne m'agace jamais, reste parfait en toute circonstances, naturel et charismatique, et je l'aime plus que tout quand il laisse craquer le vernis civilisé pour exprimer son désir et se laisser aller à sa folie, animalement..
Il a aussi l'art et la manière de me désamorcer, d'opposer son appréhension tranquille et sereine des situations à mes réactions épidermiques et excessives, qui du coup viennent s'effriter à ses pieds, loin des psychodrames que je vis quotidiennement... c'est exotique et délicieusement reposant pour moi, qui suis une véritable éponge et absorbe et m'imprègne de tout ce qui m'entoure, bon ou mauvais... mon côté caméléon !
A son contact, tout devient simple et limpide, évident et paisible...
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C'est M., mon Autre, mon Merveilleux Amoureux...
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