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le carnet de route d'une amoureuse multiple, qui s'interroge sur l'amour et la présence simultanée de plusieurs délicieux partenaires dans sa vie, qu'elle a eu la chance de pouvoir choisir de tous aimer, différemment...
V., c'est mon nuage rose, ma planète mystérieuse, mon étoile jumelle, plus proche en étant à des centaines de kilomètres de moi que
bien des gens que je côtoie ici, au quotidien.
Nous nous sommes retrouvés dans une communion d'âme, de sentiments, de désirs...
Je l'ai découvert ici, après un parcours un peu hasardeux, je cherchais la galerie d'images d'un de mes contacts, et en fouinant, suis tombée sur un lien vers son carnet à lui, sur cette
sphère, sa bulle d'oxygène, son univers parallèle...
Il y met en scène son propre corps, des autoportraits magnifiques, intenses, contrastés, forts, avec humour, impudeur, générosité, intelligence et art.
Je me suis sentie obligée de lui écrire, pour lui faire part de mon admiration, de ce que je percevais et ressentais de lui, et entrouvrir une porte sur ce qui me semblait être la prochaine étape :
une main qui le guide et le dirige, qui le mène et l'invite à le suivre...
Troublé et interloqué par la résonnance de ces mots en lui, il m'a proposé ce rôle, puisque j'avais exhumé cette envie enfouie et oubliée en lui...
J'ai hésité, ne voulant pas m'enfermer dans une relation convenue, figée, de domination même mentale, et il a su me rassurer sur ce qu'il imaginait, une parfaite complicité, un regard identique, la
possibilité de se laisser aller...
Nous avons tissé une correspondance intense, riche, foisonnante, et engagé le projet de la publier, de lui consacrer un espace à elle qui prendrait pour piste d'envol son propre carnet...
En un mois et demi de fusion, il est devenu comme une évidence dans ma vie, un point d'ancrage naturel, une référence, un passage obligé...
Sa seule présence a suffi à me faire abandonner tous mes autres contacts virtuels, et il y en avait, dans lesquels je me sentais engluée, presque obligée de me maintenir comme si j'y cherchais une
aiguille dans une botte de foin, ou plutôt une pépite d'or dans une rivière...
J'ai aussi révélé à M. et à J. son existence.
Pour J., c'était périphérique, puisque je lui annonçais en même temps la fin de notre relation et qu'il focalisait plutôt dessus...
Pour M., qui revenait à fond dans ma vie, j'avais la crainte de le désarçonner, de le décevoir, de le blesser ; même s'il ne m'a jamais imposé l'exclusivité, qu'il a toujours admis que je continue
d'avoir -parfois- du plaisir avec mon mari, comment lui expliquer que V. m'est aussi indispensable que lui, dans ma vie, sur un autre plan puisqu'encore virtuel, qu'il m'apporte une stabilité
complémentaire, un baume qui tendrait à compenser son absence, mais pas que ça, c'est un des aspects de notre relation, un de ses bienfaits, comme une zone de confluence, de douce
interférence de ces deux liens.
Mes explications ont dû, malgré un léger vacillement initial, le persuader, car il a immédiatement "adopté" V., me demandant souvent après lui, désireux de le faire participer à nos
jeux, à distance dans un premier temps ou plus concrètement quand nous nous serions rencontrés... M. est avant tout soucieux et désireux de mon plaisir, finalement, même si c'est dans d'autres bras
que les siens que je le trouve...
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Et en un jour V. a "disparu", s'est évaporé... non... plutôt s'est retracté, mis en boule sur lui-même, il a sorti la tête de l'eau pour m'expliquer que ça lui arrivait dans certains moments
difficiles, comme celui qu'il traverse... et a replongé en apnée.
Il prend le risque de m'abandonner alors qu'il connaît mon besoin de présence, mon exigence de manifestations, mais sait qu'il n'y a pas de souffrance de fond, pas de vulnérabilité, que je suis
pleinement rassurée sur la sincérité de notre lien et sa permanence.
Je vis juste une attente sereine de son retour, de nos échanges si délicieux.
Je le sens toujours, là, au-dessus de ma tête, sur notre nuage...
V., c'est une part de moi-même que je n'a pas encore rencontrée...
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C'est étonnant, d'arriver encore une fois à vivre cette situation de silence, d'absence, de non-manifestation, comme avec M., mais cette expérience-là est
dénuée de souffrance, de brûlure, c'est paisible, tranquille, comme si une partie de mon être était en pause, je ne le vis pas comme un "autre", comme un objet extérieur qui m'échapperait et
appellerait un élan pour le porsuivre, le rattraper, le capter... je sais sa présence incrustée en moi, voilà tout.
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